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Projets et voyages

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Cameroun

Présentation

Je suis partie au sein de la fondation Petit Dan & sarah pour participer à l’encadrement d’enfants, tant à l’école que lors d’activités sportives. 

J’ai poursuivi un projet de solidarité de jeunes qui étaient partis l’année précédente.

Mes missions de départ étaient :

  • La gestion et l’organisation d’une bibliothèque 
  • La mise en place d’ateliers de lecture , d’arts plastique et la construction d’instruments de musique
  • Le montage d’une pièce de théâtre.

Que peux tu dire sur le rapport à l’argent ?

Je trouve que le rapport à l’argent est particulièrement difficile lorsque notre projet de solidarité se situe dans un pays en voie de développement.


Le rapport à l’argent fut d’autant plus dur à gérer pour moi, que l’organisme avec lequel j’ai travaillé n’était pas européen, mais une fondation (« orphelinat ») gérée que par des africains, dans un milieu relativement pauvre.

En effet, dès lors que je suis arrivée là-bas, le rapport à l’argent était faussé par le fait même que je sois européenne, que j’ai pu me payer mon billet d’avion, et donc que pour eux « j’avais énormément d’argent ».  

Par conséquent, cela était parfois oppressant de devoir toujours tout cacher et se méfier, au risque de tout se faire voler par les enfants de la fondation qui vivaient dans une extrême pauvreté (même quand je fermais ma chambre à clé, les enfants passaient par le plafond pour rentrer).

Mais au-delà même qu’il faille faire très attention au vol, il faut aussi se méfier de ce qu’il faut payer, car très souvent on se fait embobiner. Il faut donc soi-même acheter le matériel dont on a besoin pour son projet (ou y aller avec eux), et toujours se renseigner où va l’argent.


 De plus, c’est triste à dire, mais dans beaucoup de pays sous-développés, il y a des problèmes de corruptions et de détournement d’argent.

Au niveau de mon projet même, il n’y a pas eu de détournement d’argent, car je n’étais pas là pour financer un projet de construction, mais plus pour refaire la bibliothèque et monter un projet d’animation avec les enfants.

Mais étant donné, que je suis arrivée là-bas au même moment qu’une française de l’association  ESPER (sur les enfants des rues), j’ai très vite vu les dessous de la fondation. En effet, elle avait été envoyée pour « enquêter », afin de voir quel projet de développement l’association pouvait  mener  à terme avec la fondation. En fait, très vite elle comprit que le directeur de la fondation,  qui reçoit différentes subventions françaises, suisses etc… , n’utilisait pas la plus grosse partie de cette argent pour le bien être des enfants et le développement de la fondation, mais à des fins personnelles (sa famille entre autres choses).  C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’à la suite du rapport de madame Dubos, que l’association ESPER  s’est totalement désengagée de cette fondation.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui souhaite se lancer ?

Je lui conseillerais tout d’abord de vraiment bien préparer son projet, ce que je pense avec du recul ne pas avoir assez fait.


Déjà, je pense qu’il faut particulièrement discuter avec l’association ou l’organisme avec lequel tu pars, sur l’action que toi tu vas mener là-bas. Il ne faut surtout pas penser que tu vas y trouver ta place comme ça (et si c’est le cas tant mieux), et que tu veux juste aider, en ayant juste les grandes lignes d’un projet de solidarité. Je pense qu’avant ton départ, ton rôle et ton action doivent être vraiment et clairement établis avec eux, afin que ça te serve de repère et que ton projet puisse vraiment aboutir  à ce que tu espérais.


Entre autres choses, je pense qu’il est quand même important d’avoir la possibilité sur place d’être en contact avec d’autres européens car parfois le choc des cultures est dur, et il est important de pouvoir en discuter pour mieux le vivre. La solitude peut être très pesante même lorsque l’on rencontre des tas de gens fantastiques comme ce fut mon cas.

L’action a-t-il crée une dépendance ? Qui poursuit votre action à l’année ?

Mon action n’a pas créé de dépendance, car j’ai monté mon projet avec l’aide d’étudiants de Yaoundé qui souhaitaient s’impliquer à long terme dans la fondation au sein d’une association qu’ils venaient de créer : AEM (association des enfants du monde).


Donc avec ces quatre  étudiants, présents sur la fondation pendant leur temps libre, nous avons réorganisé la bibliothèque qui dispose de très nombreux livres, mais qui n’était pas du tout utilisée. Nous avons donc mis en place des groupes de lecture, pour encadrer et pousser les enfants à apprécier lire.

De plus, avec l’aide des instituteurs, nous avons réorganisé l’étude du soir, afin qu’elle serve vraiment à quelque chose et que les enfants soient dans de meilleurs conditions pour travailler. Avec les étudiants camerounais, on avait mis en place une sorte de roulement pour qu’il y ait au moins l’un de nous toujours présent pour l’étude du soir.

Et enfin, nous avons organisé des activités extrascolaires telles que des activités sportives, manuelles, théâtre et cinéma, afin de permettre aux enfants de se divertir à côté de l’école et de leurs corvées quotidiennes.


Mon projet a donc surtout consisté à organiser différentes choses qui sont aujourd’hui continuées par ces quatre étudiants qui essaient toujours de recruter d’autres étudiants pour les aider à faire perdurer leur association et les différentes choses que nous avons mises en place ensemble.

As tu réellement vécu/ partagé les conditions de vie locale ?

Etant donné que je suis partie toute seule dans une fondation africaine près de Yaoundé  où il n’y avait aucun européen, je pense avoir vraiment vécu les conditions de vie locale. Ce fut particulièrement enrichissant.


Tout d’abord, il n’y avait pas d’eau courante: j’allais donc plusieurs fois par jour pomper l’eau.

Et tous les jours, j’aidais les femmes à la vie quotidienne de la fondation. C'est-à-dire : éplucher les arachides et les légumes, faire la cuisine sur un feu de camp, laver et faire à manger aux enfants.

De plus, une fois là bas, le directeur de la fondation m’a donné la fonction de représenter l’école de la fondation pour l’organisation de la fête nationale de la jeunesse du Cameroun au niveau de la ville de Soa (banlieue de Yaoundé). J’ai donc eu l’opportunité de participer au conseil municipal de Soa (où il y avait le préfet) et je fus même choisie pour être la vice présidente de la commission des activités sportives. Ce fut donc une super expérience, car avec l’aide des étudiants, des chefs d’établissements nous avons tout organisé (les invitations, mises en place des activités, les récompenses, trouver les subventions …) pour cette fête.


Et puis, à côté de tout ça, le directeur de la fondation m’a emmenée dans sa famille, et même à une fête de remise de pouvoirs magiques et symboliques au nouveau chef de sa famille. J’ai donc assisté à une cérémonie tout à fait particulière au fin fond de la brousse dans un petit village. Ce fut très impressionnant, car il y avait de nombreux rituels et les femmes qui criaient…


J’ai donc pendant presque deux mois vécu à l’africaine, et ce fut vraiment un dépaysement très enrichissant.

Au retour de ton séjour, voyageras tu de la même manière ? A quoi feras tu attention ?

Je ne pense pas que je voyagerais de la même manière, car même si ce fut une très belle expérience pour moi, je fus confrontée à de très nombreuses choses qui furent assez dures à vivre (la solitude, la faim, la misère des enfants avec qui j’étais, et d’autres problèmes...).


Par conséquent, la prochaine fois que je partirai, j’essaierai de faire en sorte d’être avec un ou deux autres européens pour monter un projet de solidarité.


Je pense également que si je monte un autre projet, je ferais en sorte que tout soit beaucoup plus carré dans l’organisation. De plus, je pense que j’oserais plus aborder les problèmes d’argent avec les gens avec qui je monte le projet, en m’étant préalablement plus renseignée sur la réalité de l’argent et le coût de la vie du pays.


Et enfin, je pense que j’essaierai de rencontrer plus de personnes qui ont fait ce genre de projet ou qui travaillent dans le domaine de l’humanitaire pour avoir leur avis sur mon projet, mais aussi des gens qui connaissent bien la culture du pays afin de mieux me préparer au choc des cultures.

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